La différence entre Dieu et le chirurgien, c'est que Dieu ne se prend pas pour un chirurgien

samedi 17 mai 2014

Chronique 6 : Salmacis, Emmanuelle De Jesus, Black Moon


Titre: Salmacis
Auteur: Emmanuelle De Jesus
Editeur: Black Moon
Genre: Romance, Urban fantasy
Nombre de page: 380

Résumé

Faustine et Sasha ont dix-sept ans. Ils sont jumeaux. Et sans famille… ou presque. Inscrits dans un pensionnat d’élite en pleine montagne par leur tante marginale, ils découvrent un monde de sélection et de compétition, aux règles impitoyables. Charmant et sociable, Sasha devient vite populaire, tandis que Faustine reste à l’écart. Jusqu’à ce qu’elle ait une révélation inattendue, lors du choix d’une option sportive : le corps à corps avec la pierre et les rochers, l’escalade, c’est là qu’elle retrouve la sensation de vivre. Surtout lorsqu’elle est couvée par le regard violet d’Andrea Salvaggi, le mystérieux assistant du professeur. Leur lien est plus puissant qu’un simple coup de foudre, ils sont encordés… vers quel sommet ?

Mon Avis

Pourquoi avoir acheté ce roman? La couverture ne m'attirait pas. Le titre n'éveillait aucune sorte d'avidité au creux de mon âme. Mais... Ce bouquin avait écrasé mon bébé au concours Tremplin Black Moon! Alors qu'est-ce qui m'a poussé à l'acheter? La curiosité, ce léger brin de jalousie? Ou bien était-ce simplement là ma façon de témoigner mon respect au vainqueur et de sceller dans mon coeur l'amertume de la défaite? Qui sait... Tout ce dont je suis certaine est que je n'attendais pas grand chose de ce roman. Ou peut-être beaucoup? Qu'il soit excellentissime, parce qu'il m'avait évincée? Il trônait sur mon bureau, sembler me narquer à chaque nouvelle page blanche que je noircissais: "Perdu. Perdu. Perdu".
Alors, pour museler mes démons, je l'ai ouvert, je l'ai lu... Et mon coeur s'est autant apaisé que mon corps s'est épuisé. Car lorsque je l'ai refermé, j'ai dû retenir un cri: 3h30 du matin. 

J'avais lu quelques critiques qui soulignaient un début un peu lent. Cependant, s'il est vrai qu'il manque potentiellement d'action, je n'ai pas pu en décrocher un instant. Et les pages ont défilés aussi rapidement que les heures. La plume d'Emmanuelle de Jesus est fluide et percutante, mais demeure malgré tout pétrie d'une étrange poésie qui lui semble propre. 

Les personnages sont attachants et fascinants. Je ne pouvais plus détourner les yeux de la silhouette gracile de Faustine qui progressait devant moi. Je me trouvais encordée avec leur groupe d'escalade, à suivre Andrea sur les rebords rocheux qui bordaient l'effroyable à-pic. Cependant, j'avoue ne pas avoir tellement accroché avec cet Andrea, notre héros masculin. Peut-être est-il trop doux, trop souriant, trop parfait. Bon dieu! Où sont les hommes pictés de délicieux défauts? Serait-ce les trop nombreuses fois où l'on s’appesantissait sur son corps d'apollon, son sourire qui vous désarmait? Peut-être aussi faut-il laisser le temps au personnage de s'épanouir, dans les tomes suivants... Le personnage "masculin" qui m'ait le plus touché, étrangement, est Méhiel. Il m'a émoustillé dès leur première rencontre! 

Je reprocherais cependant à l'histoire d'être trop prévisible. Je n'ai eu aucune réelle surprise. Peut-être parce que j'écris? Peut-être parce que j'ai trop lu? J'avais l'impression de voir toutes les ficelles que l'auteure tirait depuis l'ombre du Gymnasium. Cette histoire a selon moi un petit quelque chose de twilight: Une jeune fille banale rencontre un type super craquant et inaccessible, qu'elle parvient à faire fondre pour elle après qu'il ait essayé de s'en éloigner. Mais il a un lourd et ténébreux secret familial. Cependant, ils semblent destinés l'un à l'autre, et s'aiment d'un amour inconditionnel. Bref. Je n'ai pu qu'y penser. Mais l'attachement intense que l'on développe à l'encontre des personnages est tel que l'on ne peut détourner le regard. Pas un instant. 

Le surnaturel n'apparaît que très tard dans les pages. Cette "lenteur" permet de mieux planter les personnages; leur caractère et leurs relations, parfois tumultueuses. Mais d'un autre côté, on s'est attaché à la pension, à ses personnages, à son environnements sur lesquels l'histoire était centrée et soudain BOUM, on change brutalement de focalisation pour se tourner sur la famille d'Andréa. 

Cependant, je n'ai pas su décrocher un instant du récit et j'avoue l'avoir refermé avec perplexité : Comment est-ce possible? Et j'ai froncé les sourcils en me disant que l'auteure était redoutablement douée. Son récit, s'il ne m'a pas fait vivre des aventures débordantes de suspens et de tension, m'a subjugué. Le roman, dès les premières pages, m'a littéralement avalée, avant que je n'en fasse moi-même qu'une bouchée.
Me voilà partagée... Coup de coeur ou non? La question est difficile. Cela faisait longtemps que je n'avais plus dévoré un livre de cette façon. Mais d'un autre côté, sa prévisibilité, le manque de prise aux tripes. Tout ceci est tellement contradictoire que ça me donne le tournis! Je dirais donc qu'il est dans mes livres préférés de cette année, sans que je puisse véritablement l'expliquer. C'est fou non?

Mais une chose est certaine... L'auteure est diaboliquement douée. Son livre aussi addictif que la plus dure des drogues. Et mes études en grand danger suite à cette nuit blanche! 
Cependant, je suis apaisée: Ce roman était bien meilleur que le mien. Je peux dorénavant lisser les plis disgracieux de mon orgueil et me dire:
" Ton roman n'est pas nul, vous jouez simplement dans une tout autre catégorie".

Alors, merci, Emmanuelle de Jesus, pour ces heures insomniaques si délicieuses! J'ai passé un très agréable moment avec toi. Et j'attends la suite avec force d'impatience.

A très bientôt Faustine!

Mes notes


Style d'écriture                                          4/5
Histoire                                                  2.5/5
 Appréciation globale                               7.5/10
Notre globale                                       14/20


Super lecture

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